Chaque année, l’Organisation internationale du Travail (OIT) publie son rapport de référence sur l’évolution de l’emploi dans le monde. L’édition 2026 met en évidence une réalité claire : si le chômage mondial se stabilise, la qualité des emplois progresse beaucoup plus lentement. Pour un pays comme le Maroc, ces conclusions soulèvent des enjeux majeurs en matière d’inclusion, de productivité et de travail décent.
Le rapport OIT 2026 montre que le marché du travail mondial entre dans une phase de stabilisation fragile. Le taux de chômage reste relativement constant, mais cette apparente amélioration cache plusieurs déséquilibres :
Autrement dit, le défi n’est plus seulement de créer des emplois, mais de créer des emplois utiles, productifs et protégés.
Les constats de l’OIT trouvent un écho direct dans la réalité marocaine. Le marché du travail national fait face à une double contrainte : absorber une population active croissante tout en améliorant la qualité des postes proposés.
Parmi les principaux défis :
Ainsi, même lorsque l’emploi progresse, la question centrale reste celle de sa valeur économique et sociale.
Le rapport OIT insiste sur la nécessité de renforcer le concept de travail décent. Pour le Maroc, cela passe notamment par :
La lutte contre l’informalité n’est pas seulement sociale : elle est aussi stratégique pour renforcer la compétitivité et la productivité de l’économie nationale.
L’OIT souligne que les jeunes restent parmi les populations les plus exposées au chômage et à la précarité. Le Maroc n’échappe pas à cette réalité, en particulier pour les primo-demandeurs d’emploi.
De même, l’intégration des femmes dans l’économie demeure un chantier prioritaire. L’accès à la formation, la conciliation vie professionnelle / personnelle, et la réduction des barrières culturelles ou structurelles sont des leviers essentiels pour transformer ce potentiel en richesse économique.
Le Maroc renforce sa coopération avec l’OIT sur plusieurs axes : emploi des jeunes, formation professionnelle, protection sociale et lutte contre le travail des enfants. Cette collaboration traduit la volonté du pays d’aligner ses politiques publiques avec les standards internationaux du travail.
En se positionnant comme acteur régional, le Maroc peut aussi capitaliser sur ces partenariats pour moderniser son marché de l’emploi et attirer davantage d’investissements à forte valeur ajoutée.
À la lumière du rapport OIT 2026, plusieurs orientations apparaissent stratégiques pour le Maroc :
L’objectif est clair : passer d’une logique de gestion du chômage à une logique de construction d’un écosystème de travail performant et inclusif.